Chronique sur le rôle des parents

Chronique : Être maman et papa, c’est le devoir auquel on est appelé.
De tous les maux qui minent nos pays africains et qui nous condamnent à l’anéantissement, l’indifférence vis-à-vis de nos enfants est le plus grand. Elle est là, présente dans notre vie, autour de nous, dans notre maison, chez le voisin, à l’église, dans la mosquée, à l’école, au marché, dans la rue, dans les prisons pour mineures, etc.
Lundi 18 septembre 2017, à 3h30, une scène que je vois d’habitude tout en me taisant lors des footings matinaux, me revient à l’esprit. Tous les petits matins ou presque, je vois cette petite fille de 10 ans qui pendant que les autres enfants de son âge dorment encore, s’acquitte de ses travaux domestiques telle une esclave. Chaque fois quand je la vois, je me dis tiens, voilà une bonne fille qui sait bien faire les travaux domestiques et qui travaille bien à la maison. Je remercie le ciel et je me dis, waoh ses parents l’ont bien éduqué. Mais ce lundi matin, une toute autre réflexion m’est venue à l’esprit. Pourquoi toujours cette fille, jamais ses parents, jamais sa mère, jamais personne ? Je me suis approché de la fille cette fois-ci et je l’ai écouté. Je me suis senti coupable de quelque chose. « Ce ne sont pas mes parents. Le mari, c’est mon grand demi-frère, le premier enfant de mon père. La quarantaine dépassée. Ils ont une fille de 23 ans conçue sur les bancs et un garçon de 19 ans. Ma mère m’a envoyé resté chez eux à 7 ans, pourque j’aille à l’école. Mais je n’y vais plus depuis l’année passée. J’avais commencé l’apprentissage, mais j’ai arrêté pour les travaux domestiques. Tous les jours, je dois faire la lessive, balayer, faire la vaisselle, aller au marché, faire la cuisine, nettoyer les meubles, les carreaux, etc. Si je ne fais pas tout ça, je n’ai pas droit au repas. C’est à moi de les faire. Les autres doivent étudier pour l’école », m’a-t-elle confié, entre satisfaction et naïveté. Pour elle, il s’agit d’une situation normale et elle ne doit se plaindre de rien.
Depuis ma dernière souillure de drap, je ne me suis jamais senti autant gêné. L’histoire de cette fille m’a fait réfléchir et arrivé à quelques conclusions.
Je pense premièrement qu’il est temps que les parents revoient l’éducation de leurs enfants, en leur inculquant la notion de leur droit, la prise de conscience et l’émancipation. Secundo, chacun d’entre nous devrait faire l’effort de mieux réfléchir à une situation identique dans son entourage et se poser la question, « si c’était mon enfant » ou « si c’était moi ». Car des millions nous sommes tous les jours à voir cette scène mais en nous disant, où est mon problème ? Millions sommes-nous à créer cette situation dans nos propres maisons en nous disant que c’est normal. Millions sommes-nous à avoir nos enfants auprès de nos proches sans jamais chercher à voir comme il ou elle va. Et c’est aussi l’aspect le plus cruel de la chose. Ces parents démissionnent et abandonnent leurs enfants entre fuite de responsabilité et ignorance et un jour se mettent à dire qu’ils ont des enfants. L’enfant a droit à l’éducation, au repos, à une bonne santé, à l’alimentation, à un toit, à la vie, à l’amour. Son seul devoir envers nous, c’est le respect. Les pères et les mères, ça abonde les rues. Même les fous en font. Etre parents, maman et papa, quelle fierté ! C’est votre devoir, chers pères et mères. On ne nous demande rien de plus. Soyons papa et maman. Si les pères et mères démissionnent, quel avenir construisons-nous ? Ecrasons l’infamie de l’indifférence vis à vis des enfants.
« Marquons de nos empreintes dès à présent les générations future… We are the future »

Sylvain-Epiphane Vidzraku, co. Future Foundation

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